Ma thèse en VAE

Ma thèse en VAE« J’avais dit jamais »… et pourtant Marie-Pierre FORNETTE, est face au jury et présente, ce 23 mai 2017, ses travaux de recherche. Jusque-là rien d’étonnant, si ce n’est qu’il s’agit là de la première thèse à l’Université Bretagne Sud en Validation des Acquis de l’Expérience. Communément siglée « VAE ».

Il y a 3 ans, en 2014, elle s’est décidée à réaliser une thèse. Les raisons qui l’ont amenée à près de 50 ans, à se plonger dans ce travail de longue haleine ? plusieurs facteurs nous confie-t-elle. « Ma directrice, mes collègues m’ont encouragée dans cette voie, car dans mon activité professionnelle, je menais déjà des travaux de recherche ». Une manière aussi « pour moi de légitimer ma position au sein de l’institut dans lequel je travaille ». Très vite, c’est la VAE qui est apparue comme une « solution acceptable et un moyen de réutiliser mes études et mes travaux de recherche déjà réalisés ».

Un parcours orienté « recherche » à l’Institut de recherche biomédicale des armées

Ingénieure d’études au sein de l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) depuis 2000, Marie-Pierre mène des activités de recherche, d’expertise et d’enseignement dans le domaine des facteurs humains. En parallèle de ses activités, elle obtient en 2006 un Master recherche en « psychologie des processus cognitifs ».  Puis devient en 2008, responsable de projets de recherche financés par la Direction générale de l’armement.

C’est donc tout naturellement qu’elle choisit comme sujet de thèse : « Les dimensions cognitives et émotionnelles de la performance en situation complexe et imprévisible ». Plus simplement, elle cherche à comprendre ce qui permet d’être performant en situation complexe. Sur quels ressorts s’appuyer en terme de stratégie mentale ? Comment gérer le stress ? Quels processus interviennent au niveau cognitif et émotionnel pour s’adapter à des situations complexes et imprévisibles ?

Un double accompagnement

C’est auprès d’Anne GOUELLO, au service formation continue de l’Université, que démarre son parcours. Avant toute chose : « Il faut pouvoir attester de travaux de recherche » indique Anne et satisfaire à la phase dite de recevabilité dans laquelle le candidat doit mettre en évidence sa production scientifique personnelle (publications, brevets, communications orales etc.).  Il doit aussi « adopter une posture réflexive, c’est-à-dire être capable de prendre du recul sur son activité ». Si l’UBS a déjà reçu 5 demandes de thèse en VAE, depuis le vote de la loi en 2002, c’est aujourd’hui la première fois, qu’une candidate accède à cette étape. 

Autre différence d’une thèse dite standard. A la notion de direction, il est privilégié celle d’accompagnement scientifique. Et c’est Christine CHAUVIN, enseignante – chercheuse et spécialiste des décisions en situation de risque à l’UBS, qui l’encadre. « Une thèse en VAE est intéressante car elle permet de penser le doctorant en termes de compétences à acquérir. Dans le cadre de ses travaux de recherche, Marie-Pierre Fornette avait démontré sa capacité à élaborer une stratégie de recherche scientifique, à la mettre en œuvre et en exploiter les résultats ». Pour sa tutrice, l’enjeu pour Marie-Pierre était, dès lors de « positionner ses travaux dans les courants de recherche existants et de rendre visible leur originalité ».

L’ultime étape : la soutenance 

Une fois la thèse rédigée, relue et corrigée, c’est le jour-J de la soutenance. « Même si j’ai l’habitude des exercices oraux, l’enjeu est plus fort, il me faut démontrer en trois quarts d’heure mes compétences » reconnaît-elle.

Après une heure et demi d’échanges et de questions –réponses avec le jury, est enfin arrivé le moment de la délibération. Les membres du jury s’enferment. Leur décision est prise. Marie-Pierre obtiendra-t-elle une VAE partielle, totale ou sera-t-elle recalée ? Elle est invitée de nouveau à rejoindre la salle. Le jury se lève. Elle est seule face aux 7 membres qui le composent. Un court moment de silence s’entend avant qu’il ne se prononce. Il est unanime. « C’est une thèse remarquable ». Moment de soulagement pour tous.  Il félicite la candidate pour son « excellent travail et sa ténacité ». Des sourires s’esquissent et le jury ne tarit pas d’éloges sur la qualité de ses travaux. Marie-Pierre vient d’obtenir le plus haut grade universitaire. Elle devient Docteur en Psychologie.

Une expérience tout aussi intéressante pour le jury qui s’est montré très intéressé par l’approche de la candidate. « Marie-Pierre a élaboré sa problématique en s’appuyant sur son activité professionnelle. Elle l’a abordée en utilisant des travaux issus de différentes disciplines en témoignant d’une très grande rigueur. C’est une thèse de très grande qualité » conclut l’un des membres du jury. 

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